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lés bledz estans, én villes, châsleaulx, maisons, bourgades, lieux appartenans à archevesqués, eves­ques, chappitres, commùnaultez et generallement par tous les destroictz de leurs gouvernemens et ju-risdition, pour icelles perquisitions faictes, et retenu ce qui sera neccessaire pour la nourriture du pays, permectre à lous marchans, tant de la Ville que autres, qui en vouldront achepter et enlever pour la provision de lad. Ville, de les povoir charger, enlever et conduire seuremcnt par tous les lieux et endroitz dc leursd, gouvernemens et jurisditions jusques en lad. Ville, faisant deffenses à toutes personnes, de quelque estat,' dignité ou qualité qu'ilz soient, d'y donner troublé ou empeschement, sur peyne de con­fiscation de corps et de biens, en revoquant tous congez et permissions qui pourroient avoir cy devant esté donnez de tirer et enlever bledz de ce royaulme pour transporter hors d'icelluy.
"Et pour cc que l'on a advertissement que es pays de Languedoc et de Guyenne, ville et gouver­nement de La Rochelle, Poictou et Sainxtonge, aussi au pays de Bretaigne et au pays d'Auvergne y a, la grace à Nostre Seigneur, habondance de bledz, ont tous esté .-d'avis dc supplier Leursd. Majestez faire admonheste'r ceulx desd, pays de secourir Iad. Ville ; ct d'autant que les fraiz des voictures dc bledz desd.' lieux jusques en icelle Ville seront grans et difficilles, sera permis à ceulx qui vouldront en admc-
DU BUREAU                                               [i566]
ner, soient habitans desd", lieux ou autres, vendre lesd, bledz de gré à gré en lad. Ville et places com­munes d'icelles; et s'il advenoit qu'il y eust, lorsque lesd, bledz arriveront, telle quantité d'autres bledz es marchez, tellement qu'il y; eust perte de les deli­vrer promptement, leur sera permis d'en mectre la moictié ou le tout en grenier pour actendre le pris de vente raisonnable; et davantage supplier qu'il plaise à Sa Majesté permectre aux Prevost des Mar­chans et Eschevins donner cn pur don à ceulx qui admenerontbledz desd, pays deLanguedoc, Guyenne, ville et gouvernement de. La Rochelle, Poictou, Sainxtonge, Bretaigne et Auvergne, pour chascun muy qu'ilz verifiiront avoir chargé et enlevé desd, pays, la somme de soixante solz tournois, qui leur sera incontinant et sans dellay payée par le Receveur de la Ville, en pur don, pour leur ayder à supporter les fraiz de Voicture; et pour fournir ad ce que des­sus , permectre l'aire lever sur les plus aisez d'icelle Ville, contribuables.aux fortiffications, jusques à la somme qui aura par led. Receveur esté payée et advancée pour l'effect dessusd., en contraignant au payement de la cotte tous ceulx qui y seront coctizez, de quelque estât qu'ilz soient, par toutes voyes de contrainctes acouslumées. Et pour ce que les gens d'Eglise doibvent excercer les euvres de charité et faire les aumosnes aux pauvres, ordonner qu'ilz seront taxez au double des autres C. n
DCCXXI. — [Declaration pour le faict des] rledz (2).
19 septembre i566. (H 1784, fol. 328 r°.)
Le jour ensuivant, xii0 dud. moys, sont venuz certains marchans de ceste ville de Paris au Bureau d'icelle, lesquelz ont declairé aux Prevost des Mar­chans et Eschevins de lad. Ville, s'il leur plaisoit leur octroyer pareille faveur et grace que l'on veult
acord er à ceulx qui admeneront des bledz de Lan­guedoc, Guyenne, Auvergne et Bretaigne, pour de­sir qu'ilz ont de faire 'congnoistre quelle est leur devotion envers le publiq, ilz mecteront cent mil - frans de leur bien cn hazart pour cn admener de
O A la dale du 24 septembre, les principaux dignitaires ecclésiastiques de Paris, tels que les chanoines de Notre-Dame, l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, le sous^prieur de Saint-Martin-des-CL«mps,-de Saint-Victor, et le solliciteur du grand prieur du Temple, furent convoqués par là Chambre des vacations et, en présence du maréchal de Montmorency, "admonestez d'adviser à la necessité qui presse par la rareté des bledz de ceste année pour la subvention tant des Quatre Mendians, que pauvres de ceste Ville et aultres pauvres couventz-i. La situation ne fil qu'empirer, au point que maints pauvres religieux, étudiant eh l'Université de Paris, furent contraints d'abandonner leurs études, beaucoup d'entre eux sn'ayans de quoy estre seulement substantez du pain». Pour soulager cette misère «et ayder aux pauvres escoliers mandians et religieux ayans indigence-*, les établissements religieux de la capitale offrirent des sub­ventions qui montèrent au chiffre de 4,ooo livres. Claude Marcel, l'un des vingt-quatre Conseillers.de la Ville, fut chargé par la Chambre des vacations de la répartition et distribution de ces secours, et deux conseillers du Parlement, Etienne Dugué et Pierre Hennequin, reçurent mandat de visiter aussi souvent que possible les monastères et de veiller à ce que les blés qui leur seraient délivrés fusseut bien employés. Plusieurs établissements religieux ayant mis de la mauvaise grâce à s'acquitter de leur contribution et refusé mème tout payement, le Parlement ordonna, le 18 janvier i566, de les contraindre par la saisie de leur temporel. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" i6i4, fol. 383 v°, 4ia r°;'X1" 1615, fol. 35g r°.)
<-) A la marge sa lit cette note : "Ceste declaration a esté faicte par mons' Aubery; Conseiller de la .Ville.n